On ne m'a pas dit que ton départ allait faire tant de dégâts. Ca fait 10 jours, et pourtant j'ai l'impression qu'il y a beaucoup plus que de l'eau qui est passée sous les ponts. Bien pire, elle a débordé, m'a envahie, m'a submergée.
Personne ne m'avait dit. Parce que si on m'avait dit, je t'aurais enchaîné, pieds et poings liés, j'aurais remué ciel et terre. Mais jamais je ne t'aurais laissé partir.
N'importe quoi. Bien sûr que je t'aurais laissé partir. D'ailleurs, c'est pas comme si j'avais eu le choix. Après tout, je suis qui pour te retenir loin des tiens et de ta passion ? personne. C'est ça. Personne. Mais c'est tellement dur d'accepter que la personne que l'on aime se sent mieux loin de nous. De la sentir bien.
Quelle ironie de se répéter que ton départ me permettrait de me dégager du temps pour travailler, me permettrait de me concentrer sur mon travail. Comme j'étais aveugle, comme c'est facile de se persuader de quelque chose quand on veut y croire. Parce que, après tout, ça serait tellement plus facile comme ça.
N'importe quoi. Comme si en arrêtant le basket j'allais devenir meilleure en cours. N'importe quoi, parce que, après tout, chacun a ses jardins secrets, ses échappatoires. Voila. Et ben moi, avec toi, je respirais. T'avais cette confiance en l'avenir, en moi, en toi qui me manquait tellement.
Parce que, loin de ceux qu'on aime, nos joies et nos victoires ont comme un arrière-goût amère.
Alors, voila. Ca fait 10 jours et ça commence à faire mal. Et surtout, c'est que le début.
Et puis si j'avais su avant, ben j'aurai rien changé du tout.

